mensonges

Mensonges, ou men’s song,

Mensonges, ou men’s song,

ou la complainte de l'homme aux cent mensonges.

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J’ai mis mes bigoudis, mes gros sabots,

J’ai pris mon parapluie et puis,

Je me suis travesti.

La nuit est bruine,

Mon amour,

La nuit est brune,

Et elle me ruine.

Je marche à pas de velours,

Gros chat gris,

Panthère noire,

Ou félin à la robe soyeuse.

Je marche sur le bitume,

Dans l’encre du mensonge,

Et je fais claquer mes talons aiguille sur le pavé.

Flic, flaque, fric, claque.

Je songe devant le miroir à toutes ces histoires,

À tous ces songes, ces mensonges.

Je fume et je pense à un ange…

Passe un ange,

Et trépasse un démon,

Je traverse le couloir de bus,

Aller à sa rencontre.

Vite, le temps de me dégager de toutes ces trognes,

De toutes ces bobines…

De tous ces films qui me ligotent,

M’étreignent et me lacèrent…

Le temps passe à 33 mensonges par secondes

Il est trop tard, je reste en plan avec ma queue de homard.

En noir et blanc,

Je ferme les yeux.

Une pluie de grenouilles crachée par des monstres, des gargouilles.

Leur peau de reptile luit, dévoile de minuscules capsules, des nodules, des pustules.

Je fume encore, le temps court toujours…

Les héros sont fatigués et si leurs bras sont encore longs,

Ils restent là,

Avachis, vieillis, fatigués, cassés, démolis…

Mais moi, je fais ma mise en plis

Et tant pis pour les cancans, les on-dit ou le qu’en dira-t-on,

Ce soir, devant la mire,

J'aurai le courage des braves,

Je traverserai ces mensonges,

J’irai au-delà des apparences

Et toi, ange ou démon, tu viendras,

Tu t’assiéras à côté de moi

Et tu me diras la vérité,

La vérité.

Tu me parleras de la complexité des aiguillages,

De la subtilité des engrenages,

Tu me diras toute la délicatesse des rouages

Qui tressent la vérité, le mensonge et l’être,

Qui fait de nous des êtres hybrides

Et qui de nos vies, fait des serpentins aléatoires.

Je marche dans la nuit,

Je suis interdit.

Je suis dans une zone interdite.

Un voile, des barbelés, des fils emmêlés,

Des pintades, des perdrix, des rêves endormis.

On me cherche des poux.

On me vole, on me voile, on me viole.

Je ferme les yeux, fume encore un peu.

Le temps a passé,

Le passé est encore un peu plus loin dans le passé,

Un peu plus flou dans ma tête de filou.

Je regarde la mire et ses rayures hypnotiques,

Je fume une dernière cigarette.

Cette nuit encore, tu n’es pas venu, mon ange, mon démon…

Demain, peut-être…

Demain, tu viendras,

Je t’attendrai.

Et qu’importe ces jours ou ces nuits à t’attendre,

Puisque je suis en dehors de tout circuit

Et puisque tu n’existes pas.

Anélias.B

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