Cher ami

Cher ami

Cher ami,

ce soir, j’avais envie, de vous écrire des phrases comme de grands boulevards. Des phrases longues, balayées par la pluie, striées par le vent… des phrases bruissantes d’énergie, crépitantes d’électricité où s’engouffreraient mille idées humaines, mille sentiments. Ce soir, j’ai aux bouts des doigts ces phrases clignotantes des feux de circulation et des lumières des phares, ces phrases noires, brillantes, luisantes comme le macadam, ces phrases que vous aimiez tant.

Ces phrases... où les passants circulant sans but, sans volonté, vont et viennent dans l’illusion. Ils suivent le courant, fascinés, tenant à bout de bras leur idéal, leur journal ou leur courrier. Se diluer dans la pluie, se fondre dans la foule et arpenter sans complexe ces grands axes populaires ou les rêves se mêlent aux feuilles de platanes, brunies et craquantes, et volent dans le vent de ce début d’hiver, imprévisibles et indomptables.

Être aveugler par le désir d’un autre, recevoir en plein visage les mots adressés à d’autres… être là où on ne nous attendait pas et découvrir par une logique machiavélique ce que l’on voulait nous cacher…pour nous protéger, nous désarmer, nous exclure…ou bien nous incorporer, par hasard, au récit qui s’écoule boulevard de l’écriture. Observer, noter, comprendre. Déambuler, ravaler ses larmes et avancer. Marcher, même en traînant des pieds. Marcher et écrire dans une même volonté.

Cher ami, ces phrases vous ne les entendrez plus, vous me manquez tant.

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