Gérard a rendez-vous avec Latifa

Gérard a rendez-vous avec Latifa, pour la première fois.

Il a répondu à une petite annonce dans le Ouest France de dimanche. Elle a fixé le lieu de leur rencontre : le troisième étage de la tour Eiffel.

Ensemble, ils ont choisi un signe de reconnaissance : un drapeau du Sénégal fièrement agité. Comme les supporters avait-elle ajouté en riant.

Gérard est optimiste. Au téléphone, la voix de Latifa était joviale, chantante, annonciatrice d’une heureuse nature.

Par habitude, il prend l’ascenseur qui le mènera vers le sommet, un quart d’heure en avance. La ponctualité est la politesse des rois, aime-t-il à penser. Et puis, Gérard aime être en avance, il aime avoir le temps de prendre ses marques pour ne pas se laisser surprendre.

Gérard est un vieux garçon. Il est ému, un peu gêné aussi, d’avoir usé de ce stratagème pour rencontrer une jeune fille.

Au fur et à mesure qu’il s’élève dans les étages, Paris devient un tapis aux formes géométriques. Arrivé au second étage, Gérard change d’ascenseur. Son cœur bat plus fort. Il monte, espère, sourit déjà à l’idée de voir Latifa.

Déjà, les portent s’ouvrent.

Là, stupeur : comme un essaim de papillons, une classe entière de jeunes étudiantes agite un drapeau aux couleurs du Sénégal : vert, jaune, rouge.

Gérard s’empare de sa pochette de soie grège , essuie la sueur qui perle à ses tempes puis lance un cri désespéré : Latifa.

Ensuite, Gérard voit des étoiles vertes tout autour de lui, une multitude de grands sourires, puis il s’évanouit.

 

Anelias.B

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Date de dernière mise à jour : 14/09/2015

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