Gonzague

Gonzague

Tarabiscotée. Je suis tarabiscotée. Oh, pas de naissance, non. Depuis la torgnole reçue le jour de mes dix ans. J’entends encore le « Bon anniversaire, mon p’tit gars », puis le « tiens prends ça » de l’intendant. Ensuite sa grosse paluche qui m’assène un coup à tuer un mouton et son rire gras qui m’éclabousse de méchante bêtise.

J’en suis resté sonné, le visage scotché au mur de la ferme, le crépi rugueux imprimé sur ma chair. Autour, les moqueries des commis, la valse des apprentis et les cailloux jetés par la troupe. Personne pour me remettre d’équerre.

Depuis, j’ai la trombine d’une biscotte ; la peau trouée, le nez aplati et les yeux asymétriques.

Je pourrai m’appeler « Clarabistouille » comme la sorcière rebelle de l’île aux moines, mais mon nom est plat comme une bourse en fin de semaine : Gonzague. Triste à pleurer, comme ma figure de crapaud. Bon, mais c’est comme ça. Alors j’ai cultivé, le jardin secret, la beauté intérieure, tout ça, tout ça. Et question ciboulot, ça fonctionne plutôt bien ! Merci.

Contre toute attente, je suis devenu poète. Je fais des vers, sculpte l’éphémère, et malgré ma laideur, les filles me mangent dans la main.

Oui, c’est comme ça et vous le croirez ou non, mais l’intendant, je lui ai donné son pardon. 

 

Anélias.B

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Date de dernière mise à jour : 11/09/2015

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