La sieste interrompue

La sieste interrompue

 

Dans la véranda, à l'heure de la sieste, tout deux sont alanguis.

Sous le chapeau de paille, derrière les lunettes, ses yeux papillonnent, hésitent, puis se ferment.

Elle : « Viens, viens près de moi. Je voudrai te raconter une chose surprenante »

Lui, réveillé en sursaut : « Tais toi donc, et lis ton journal ! »

Elle : « Qui te parle de journal ? C’est de la vraie vie que je veux te parler ! »

Lui : « La vraie vie, la vraie vie...et le journal, il n’existe pas dans la vraie vie peut être ? »

Elle : « Calme toi, sous ton chapeau, tes cheveux s’affolent, cela fait plein de bosses »

Lui, soudain échauffé : « Le journal, figures toi, c’est de la vraie vie, de la vraie vie mais à la puissance 10. Regarde, je prends le journal, je l’ouvre au hasard et... »

Elle : « Et quoi ? »

Lui : « Là... ce titre, ce n’est pas du spectaculaire, ce n’est pas de la vraie vie. Écoute : Comme un forcené, il s’est échappé d'un livre. »

Le silence retombe. Il ajoute, rêveur : «  La puissance de cette phrase, c’est tout simplement hallucinant. »

Elle : « Tu inventes ! »

Lui : «  Je ne te mens pas, regarde. »

Et il lui tend le journal d'un air d'évidence.

Elle : « Oh, c’est de la triche, tu es à la page littéraire ! »

Lui : «  C’est le hasard, te dis je. »

Elle : « Laisse moi essayer. Passe moi ton journal ! »

Lui : « Tu peux aussi bien prendre le tien. Cela marche aussi. »

Ne l’écoutant pas, elle se lève, fait trois pas dans sa direction et lui prend son journal des mains.

Elle : « à la une : Vol de Mona Lisa. Toujours pas le moindre indice...l’enquête piétine....les assurances gnagnagna...le commissaire blablabla...et le journaliste rapporte même que Léonard de Vinci en a trépigné de colère dans sa tombe... »

Lui : « Il connaît peu être les coupables, lui, et l’incompétence de certain l’aura agacée ! »

Elle : « Très drôle ! Vraiment, j’applaudis ! »

Lui : «  Peut être pouvons nous retourner à nos moutons, après cet intermède divertissant ! »

Elle : «  Nos moutons !? »

Lui : « C’est une image »

Elle : « Oh ! Cela me rappelle mon rêve : je rêvais que notre gazon était vert tendre, je marchais, plus que je ne glissais sur l'herbe humide...c’était étrange, j'étais réincarnée en mouton. »

 

Anélias.B

 

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Date de dernière mise à jour : 15/09/2015

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