Vinh Long, Viêt Nam

 

Près de Vinh Long, le jour se lève.

Kinh, les yeux plissés,

Rouges, injectés de trop de nuits sans dormir, monte l’escalier.

Trop d’alcool de riz, d’opium,

De souvenirs fusillés, trop d’instinct de survie,

Il tangue dans le petit matin, affûté comme une lame.

 

Ample toujours, le Mékong coule de longs jours,

Fleuve mythique aux habitants de pierre,

Qui, sans bruit vont leurs vies,

Le long des jardins de longanes, de jaquiers ou de papaye,

Sur les canaux aux jonques lourdes.

Invisibles à d’autres qu’eux, ils travaillent autour des fours,

Tissent les herbes,

Sèchent les fruits, brûlent écorces et noyaux.

Aveuglés par l’instinct ou friands de marchandises exotiques,

Ils inscrivent leur vie avec la griffe du dragon,

Dans le présent et la tradition,

Acharnément.

 

Anélias.B

 

 

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