Jean-Paul VILLERME

QUI SUIS-JE ?

 

 

Qui suis-je, ma chère ?

Mais des os,

De la chair

Et des mots

Qui sortent de mon stylo !

 

Alors, vous êtes poète ?

Oh ! Le drôle de mot…

Que non, ma belle !

Je suis un homme

Qui écrit,

Pleure et hurle !

 

Car mes vers sont des cris,

Des larmes.

 

Mes rimes sont blessures,

Fractures,

Douleurs.

 

Oui, madame,

J’ai mal,

Je souffre,

Je saigne,

Quand je vais rimant.

 

Et je meurs chaque fois.

 

 *****

            

 

Où êtes-vous né ? Près des bords du fleuve Loire

Et...il y a longtemps ? Oui

Où vivez-vous ? Entre deux rives d’un fleuve, entre jour et nuit, entre vie et mort

Décrivez votre habitat, votre lieu d'écriture. Quelques murs, des livres, des poèmes, des rêves et quelques bouteilles de rosé…

Quels sont vos objets préférés ? Avez-vous des « fétiches » ? Mes objets préférés : les livres

Marié ? Non

Des enfants ? Non à moins que…

Quelle est/était votre profession ? S.N.C.F.

Et vous l'aimez/iez, ce boulot ? Oui

Que diriez-vous de vous (physique, caractères, idées...) ? Anarco-syndicalo-coco

Bref, quand vous êtes seul, êtes-vous en bonne compagnie ? Non, je suis en mauvaise compagnie et mon miroir n’améliore pas la réalité

Quels sont vos défauts, vos vices avouables ? Le pastis (mais est-ce vraiment un défaut ?)

Quels furent, quels sont vos plus grands bonheurs ? J’ignore ce qu’est le bonheur si c’est vivre ou attendre la Camarde

Quelles furent, quelles sont vos plus grandes douleurs ? La mort d’une sœur, des amours déçus avant que d’être.

Hors l'écriture, quels sont vos loisirs ? randonnées, regarder passer le temps.

Quels sont vos goûts (des noms !) :

Musicaux ?Artistiques-graphiques ? Cinématographiques ? Aucun (je veux dire par là que j’aime tout)

Littéraires ? Maupassant, Hougron

Gastronomiques ? Un faible pour le couscous !

Géographiques ? Autres ? La terre est un tout !

Et vos dégoûts (des noms !) : les fruits de mer

Par quelle qualité êtes-vous séduit ? L’honnêteté

Par quel défaut êtes-vous rebuté? La malhonnêteté

Quels hommes/femmes admirez-vous ? Je n’admire personne

Quels hommes/femmes méprisez-vous ? Je ne méprise personne

Selon vous quels dangers menacent nos congénères ? Eux-mêmes

Globalement, croyez-vous en l'Homme ? Non

La plume peut-elle être une arme ? Un outil pour transformer le monde ? Oui, une arme très certainement car lorsqu’une dictature arrive au pouvoir son premier objectif est de tuer les poètes !

 A quel âge, vos premiers textes ? 14

Combien d'ouvrages avez-vous publiés ? 10

Donnez-nous quelques titres (vos préférés !) Randonnées en poésie, Le grand secret

Vos travaux de plumes se limitent-ils à la poésie ? Non, l’écriture est un tout

Quels sont vos poètes d’élection ? Cadou, Aragon

Pourquoi avoir choisi (si choix il y a eut) la poésie ? Je n’ai pas choisi, c’est elle qui m’a choisi

Sauriez vous définir la poésie ? En dire les enjeux, la nécessité ? Que vous apporte-t-elle ? La poésie c’est le regard que l’on pose sur toute chose car toute chose est poésie, elle ne m’apporte rien sinon une grande souffrance. Les mots sont homonymes des maux !

Sacrifions aux questions de mode, et dites-nous, docteur : comment trouvez-vous la poésie aujourd'hui ? Souvent pédante, élitiste et illisible à l’image de certains poètes de salons parisiens et qui s’imaginent qu’on les admire !

 Pensez-vous que l'on puisse remédier à sa modeste audience ? Est-ce d'ailleurs possible ? Certains en portent déjà le deuil : partagez-vous leur pessimisme ? Pas de pessimisme, la poésie est partout et les poètes aussi. Son audience n’est pas modeste, elle est souvent personnelle, cachée. Depuis l’âge des cavernes les poètes existent, ils existeront jusqu’à la fin des hommes.

Si vous le voulez bien, choisissez l'un de vos textes préférés. Il sera la touche finale de cet entretien :

 

 

LA LOIRE

 

C’est une grande dame, étrange et souveraine

Qui traverse la France, irrigue les coteaux.

Puis caresse les pieds des manoirs et châteaux.

Dans le cadre enchanteur de la blanche Touraine !

 

Le long de la falaise où nichent des maisons,

C’est là qu’un jour naquit ma langue maternelle.

Le fleuve en est gardien, telle une sentinelle,

Un rempart permanent contre les trahisons !

 

A Saumur elle arrive en province angevine

Dont les vives couleurs, comme l’or des genêts

Et le blanc des tuffeaux, valent bien les sonnets

Qu’écrivit du Bellay sur sa terre divine !

 

Au fil de son courant, de ses cheminements,

Quelquefois virulente ou tendre poétesse,

La belle suit sa route avec délicatesse

Parmi douceur et calme ou bien déchirements…

 

Puis sortant de l’Anjou pour gagner l’Atlantique

Elle finit sa course au parcours épuisant.

Dissoute dans la mer, prise par le jusant

La Loire meurt avec mon rêve poétique !

 

 

  **************

 

LA BELLE ANGEVINE

Sur les bords de la Loire
Mon coeur s’est posé
Comme la joue
Sur le sein de ma mie
Afin de recevoir et la douceur
Et la chaleur de l’amour.
 

Là, il bat au rythme
Du fleuve.
Nonchalant lorsqu’il musarde
A l’étiage des beaux jours
Tumultueux, tels des émois,
Quand vient la saison des tourments.

Si un jour vous passez
Sur les bords de la Loire
Près des rives des Ponts-de-Cé,
Ne ramassez pas mon coeur
Ou alors
Seulement pour un instant !
 

Car il est amoureux
Et a choisi pour maîtresse
La belle angevine
Qui traverse majestueuse
En l’irriguant,
Comme l’artère la vie,
Cette douce province qui est la sienne.

J.P.V

*******

Découvrir le blog de Jean Paul Villermé : http://vjp49ecritures.e-monsite.com/  

et son site de randonnées : http://randopoesies.over-blog.com/

 

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Date de dernière mise à jour : 14/09/2015

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