J’HABITE UN PAYSAGE

J’HABITE UN PAYSAGE

J’habite un paysage où les champs de blé parsemés de fleurs multicolores s’étendent à perte de vue. Sur les fils électriques qui longent les routes bitumées, les hirondelles à longue queue, dans un joyeux piaillement, viennent s’y percher comme des notes de musique, remplissant l’espace de leur chant mélodieux.

J’habite un paysage en haut d’une montagne. Les nuits sans lune, j’aperçois au loin dans la vallée, les lumières de la ville qui scintillent par milliers comme des étoiles au firmament.

J’habite un paysage où des pylônes d’acier ressemblant à des Goldorak ont remplacé les vieux poteaux électriques d’antan. De gros câbles de haute tension suspendus entre ciel et terre, comme des cordes à linge, traversent plaines et montagnes, défigurant le panorama. A la tombée du jour, dans un vacarme assourdissant, des bandes d’étourneaux viennent s’aligner en rangs serrés, le long des câbles pour y passer la nuit. Mais que sont devenues nos hirondelles ? Elles ne font plus partie du paysage.

J’habite un paysage où la mer a laissé place à des montagnes de dunes arides. Les mirages ont remplacé les arcs-en-ciel. Le soleil est de plomb. C’est un spectacle de désolation. Pas d’arbres à l’horizon, pas d’ombre, très peu de végétation. Seuls les insectes, les lézards, les petits rongeurs se terrant dans le sable pour chercher un peu de fraîcheur, survivent dans cet enfer. L’étendue de ce désert est jonchée de fleurs de pierre inodores, roses des sables que les tempêtes ont sculpté pendant des siècles dans cette océan de sable à perte de vue.

J’habite un paysage de montagnes, de volcans, de prairies et d’océans, plein de charme ou de désolation depuis la nuit des temps, au gré des éléments en perpétuels changements, au gré des quatre saisons. Et ce paysage là, c’est notre planète : la TERRE.

NANTERRE, février 2011

NINJA

 

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