TIBICINE

 

 

Bonjour je m’appelle Tibicine ; un nom mystérieux et lointain…Sans doute parce que mes mots sont chanteurs, danseurs, et qu’ils s’amusent sur la symphonie de mes émotions…A se demander qui est le chef d’orchestre !

Où êtes-vous née ? Dans un endroit perdu où j’ai dû me trouver…

Et...il y a longtemps ? Ah le temps ; tout est relatif ! Je dirai oui et non.

Où vivez-vous ? Sous les bienfaits d’un pommier généreux, caressée par une glycine pétillante, et bercée par les ronrons de mon chat.

Décrivez votre habitat, votre lieu d'écriture. Il y a deux habitats qui abritent mon écriture : mon cerveau et mon salon. Le premier est un lieu qui n’a pas d’horizon ; je ne sais même pas où il commence ! Ce que je peux en dire ; c’est qu’il est vaste et me réserve toujours des drôles de surprises ; je n’ai pas fini de l’explorer ! (en aurai-je le temps ?) Quand au dernier, c’est un lieu où les mots s’entassent, se collent, se côtoient ; la fois lieu d’action et lieu de recueillement.

Quels sont vos objets préférés ? Avez-vous des « fétiches » ? J’aime bien mon Bouddha de 3 ans ; auprès de lui, je garde une âme d’enfant. Les livres restent quand même mes objets préférés ; j’apprends à les prêter, bien que ça me déchire…

Mariée ? Des enfants ? Le mariage ? Euh…Un engagement que je ne saurai sans doute pas tenir ! Un enfant avec qui nous nous choisissons au quotidien.

Quelle est/était votre profession ? Exploratrice mais pas de pays ; du sens et des sens.

Et vous l'aimez/iez, ce boulot ? J’adooore ! Car il est mouvement et je ne m’ennuie jamais !

Que diriez-vous de vous (physique, caractères, idées...) ? Bref, quand vous êtes seule, êtes-vous en bonne compagnie ? J’aime la solitude qui me le rend parfois trop bien ! Notre relation est fusionnelle. Il me faut l’abandonner quelque fois pour chercher quelques nourritures de l’esprit. Ensuite, ce sont les retrouvailles et nous conversons ensemble sous le sceau de la rose…

Quels sont vos défauts, vos vices avouables ? J’aime le vin ; un peu trop ! Mais l’ivresse, ah l’ivresse ! Elle vous amène aux rêves (tordus aussi…)

Quels furent, quels sont vos plus grands bonheurs ? Chaque fois que j’ai créé quelque chose où quand j’ai surpassé certaines turbulences.

Quelles furent, quelles sont vos plus grandes douleurs ? La perte comme tout à chacun ; si universellement douloureuse…M’être perdue aussi.

Hors l'écriture, quels sont vos loisirs ? L’écriture prend déjà beaucoup de temps, mais j’ai toujours du temps à consacrer aux autres ; j’aime recevoir, manger, boire du bon vin et animer des débats.

Quels sont vos goûts (des noms !) : J’adore la calligraphie arabe et particulièrement celle d’Hassan Massoudy ; un artiste qui conjugue cet art ancien avec les pensées des hommes de tout horizon ; un homme de paix. Et Victor Hugo me touche ; un autre homme de paix.

Musicaux ? Artisticaux -graphiques ? Cinématographiques ? Littéraires ? Gastronomiques ? Géographiques ? Autres ? Un jour, j’ai découvert une voix, celle de Loreena Mc Kennitt. Une soprano qui s’inspire des traditions musicales yidiches, arabes, irlandaises, et qui chante des histoires où les héros se confrontent à leur conscience, leurs espoirs, leurs défaites ; voyages humains. Depuis, je l’écoute fidèlement.

Côté peinture, la période expressionniste me parle, me surprend, me bouleverse. Van Gogh est mon peintre préféré ; un véritable poète. Tant de générosité dans ses couleurs, des ciels si mouvementés et paradoxalement si doux… On appelait les expressionnistes les vangoghiens !

J’aime les parcours, aussi j’ai été très marquée par le film d’Abel Ferrara avec Harvey Keitel ; film qui traite de la perte de la foi (pas au sens religieux).

J’apprécie tant de choses que ce serait trop long !

Et vos dégoûts (des noms !) : J’ai plus de compassion pour un membre de la Mafia que pour un homme politique.

Musicaux ? Artisticaux-graphiques ? Cinématographiques ? Littéraires ? Gastronomiques ? Géographiques ? Autres ? La spéculation autour de l’art m’exècre ! Van Gogh doit se retourner dans sa tombe ; quand on sait qu’une de ses toiles peut valoir 40 millions d’euros ; lui qui ne pouvait se payer qu’une chambre de 7m2 en pension complète pour 3 sous !

Par quelle qualité êtes-vous séduite ? L’ouverture d’esprit

Par quel défaut êtes-vous rebutée ? L’orgueil, la vanité

Quels hommes/femmes admirez-vous ? Je n’admire personne ; en tout cas pas des gens connus ; il y a tant de héros qui se lèvent tous les jours…Disons que je témoigne plutôt du respect que de l’admiration.

Quels hommes/femmes méprisez-vous ? Je ne sais pas mépriser ; bien que je puisse avoir du ressentiment envers quelqu’un. J’ai une phrase en écho dans ma tête : Celui qui ne reconnait pas l’étoile en chaque homme qu’il rencontre ne découvrira jamais son propre ciel ; aussi, je tente de la trouver, toujours…

Selon vous quels dangers menacent nos congénères ? L’égoïsme

Globalement, croyez-vous en l'Homme ? Oui et non.

La plume peut-elle être une arme ? Un outil pour transformer le monde ? Une arme ? Oh que oui c’est une arme ! Les journaux nous le prouvent chaque jour ! Moi je la préfère pacifiste et aimante ; c’est pourquoi je suis poète.

A quel âge, vos premiers textes ? Adulte ; enfin, si j’ai réussi à le devenir…

Combien d'ouvrages avez-vous publiés ? Un seul ; peut-être le dernier…Quand on est exploratrice, on est sans cesse appeler vers autre chose !

Donnez-nous quelques titres (vos préférés !) Difficile ; je les aime tous…

Vos travaux de plumes se limitent-ils à la poésie ? Non. Je me tourne vers la nouvelle.

Quels sont vos poètes d’élection ? Je n’ai pas de poète d’élection et tant mieux ; mon écriture ne s’en trouvera jamais marquée !

Pourquoi avoir choisi (si choix il y a eut) la poésie ? C’est elle qui m’a choisie ! (rire).

Sauriez-vous définir la poésie ? En dire les enjeux, la nécessité ? Que vous apporte-t-elle ? La poésie est une forme théâtrale qui joue avec les mots et le geste en silence…J’aime cette intimité viscéralement intense. Comme toute forme d’art, son essence nait dans la volonté que les hommes ont d’échanger, de communiquer entre eux ; elle est un lien. Malheureusement, l’intelligentsia en a pris possession pour l’instrumentaliser à des fins de profit, de grandeur. Si elle n’était pas détournée, elle apporterait le rêve, le réconfort et la connaissance.

Sacrifions aux questions de mode, et dites-nous, docteur : comment trouvez-vous la poésie aujourd'hui ? Trop intellectualisée, et prisonnière.

Pensez-vous que l'on puisse remédier à sa modeste audience ? Est-ce d'ailleurs possible ?

Certains en portent déjà le deuil : partagez-vous leur pessimisme ? Si le poète vise la notoriété ; le risque est la frustration. En revanche, s’il écrit libre de toute forme de reconnaissance ; alors il touche le sommet ; il est le héro de son âme !

Si vous le voulez bien, choisissez l'un de vos textes préférés. Il sera la touche finale de cet entretien : S’il fallait en choisir un ; ce serait celui-là :

Phénix

 

Alors que l’autre part, pareil à un Phénix

Qui meurt de trop de vie, au rythme d’une sixte

C’est à son souvenir, à nos cœurs de rosée

Que l’on va se nourrir, que l’on va s’abreuver.

 

Dans sa transformation en nos corps déchirés

C’est le feu qui nous brûle dans cette étape forcée

Et qui laisse au présent, à nous qui sommes restés

L’amour d’une existence, l’amour dans un coffret.

 

Résurrection offerte, nous voici bien remplis ;

Profusion et ferveur de tendresse à cueillir ;

A ceux qui nous entourent, à jamais leur donner

En cadeau éternel, un amour hérité.

 

Tibicine

 

 

 

 

 

Ode à la lune

 O toi la grande à tête cendrée

A ta vue je ne peux que choir

Tu montres par caprice un cô

Et m’empêches l’autre de voir

Tu intrigues de mystères les hommes

Par tes joues en forme de pomme

Faisons mesures mathématiques

A capturer identité

Et peur ainsi annihilée

Ta magistrale énigmatique.

Tibicine

 

 

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