Le Chevalier clochard

Le Chevalier clochard

 

Mes godasses tirent la semelle.

Et, suivant des gros cailloux

À travers les fourmis maboules,

Je débusque là une poubelle.

 

Que de mets oubliés au placard !

À moitié goûtés par les bouches

Atrophiées par le caoutchouc,

Moi qui traîne maigre besace !

 

N’est-ce pas noble tâche confiée,

À l’homme, au chevalier clochard,

Si discrètement ramasse les méfaits

De ceux qui se voient trop gâtés ?

 

– Amis ! Je vous le dis : j’ai peine !

Peine en votre discernement

À voir en pauvre celui qui haleine

Les rôts de vos bourrèlements !

 

Vous réclamez toutes les choses ;

Les haut-parleurs vous l’ont soufflé

Sous forme de gentille prose

À vos oreilles amadouées.

 

Mon estomac sonnaille bien creux

Dans ce monde qui va grand train.

De chevalier vous me faîtes gueux

Mais je commande à mon destin !

 

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