Edith TREHARD, notre chère disparue

 

 Ô FEMMES        le 20/11/2000

 

Femmes des  cafés

Femmes aux grosses «  tétées »

 

Femmes fidèles

Femmes infidèles

 

Femmes exubérantes

Femmes proéminentes

 

Femmes aux yeux  de biches

Femmes au goût  de « cribiches »

 

Femmes généreuses

Femmes malheureuses

 

Femmes putainnes

Femmes puritaines

 

Femmes créatrices

Femmes  dévastatrices

 

Femmes diurnes

Femmes nocturnes

 

Ô Femmes sans « cob »

Ne donnez pas à « Jacob »

 

Votre âme véritable

Pour le plaisir des « âmes  charitables »

                                                   

 

On trouve ces mots dans le créole ha ïtien

 

Tétées =  forte poitrine

Cribiches =  crevettes, fruits de mer

Cob     =  argent en créole

Jacob ici  =  proxénète

Âmes charitables ici = ceux qui entretiennent la prostitution

Ou ceux qui profitent de la vulnérabilité des autres en leur offrant quelques dollars.

 

Edith Tréhard 


La disparition de Edith a créé un désarroi et une tristesse profonde dans notre cercle de Nanterre PoéVie, renforcés par les catastrophes naturelles que Haïti a enduré. Edith faisait partie de notre groupe, elle était des notres aussi avons nous voulu par cette page, témoigner de notre attachement.


Pèle mêle nos témoignages

Chères PoéViennes, chers PoéViens,
après notre belle fête d'hier soir au Zanzibar, emplies toutes deux de cette joyeuse amitié qui régnait entre nous, Suzanne et moi avons appris la triste nouvelle : Edith Tréhard nous a quittés.
Ce matin, 21 janvier 2010, nous sommes allées lui rendre un dernier hommage au funérarium de Nanterre, lisant au nom de tous ceux qui ont apprécié sa générosité et sa gaîté, deux poèmes extraits de « Couleur Femme » de Guénane.

Amitiés

Anne

Témoignages parvenus sur la messagerie de NanterrePoéVie :

J'apprends la triste nouvelle.
Pourtant, ce n'est pas faute de penser à elle. Je voulais déjà hier vous demander de ses nouvelles et c'est passé dans l'oublie. Oui, je sais qu'elle a de la famille à Haïti et je me posais beaucoup de questions et j'avais peur pour elle la sachant dans son état. Nous ne le saurons jamais. Elle nous a quittée pour d'autres cieux, elle si pieuse. Paix en son âme.
JEANNINE

Merci pour vos témoignages.Merci à vous deux Anne et Suzanne de nous avoir représentés lors du départ précoce de notre amie EDITH.
Bernie / amicalement.

Ce matin, Edith était sereine, les paupières closes, les lèvres légèrement entrouvertes comme pour un murmure.
Elle était si frêle sous le drap... sa capeline blanche et quelques roses recouvraient ses bras.
Suzanne et moi étions bouleversées.
Amitiés
Anne

Bonjour Anne,
Merci. Merci pour ton écoute, ta complicité dans un moment d'une autre dimension. Tu as bien interprétée mes mots si proches de l'autre, la femme allongée, magnifique et à jamais silencieuse.
Cordialement.
Suzanne

Voici une fleur pour Edith.
Je suis émue car je garde en mémoire son sourire.
Même si les photos de l'hôpital m'avaient frappée, elle avait une telle espérance !
Quelle tristesse...
Amitiés de Valérie-Anne

Tête ronde, lune noire
Beauté intégrale du coeur
aussi visible qu'un crâne nu,
que la vie révélée. Peur ?
Qui aurait peur de l'espoir ?
Tête ronde, l'être mue.
24/04/09
Suzanne Granget


Bonjour à toutes et tous,
J'ai envoyé mon petit poème écrit hier soir avec obstination et sérénité à monsieur l'Abbé Robelin qui assurera la cérémonie demain à 14 h 30 en l'Eglise Saint Martin à Mayenne. Je lui demandé par mail de bien vouloir donner à lire mon texte en hommage à notre amie :

A Edith

A l'instant où je médite,
son silence mêlé au mien
qui respire,
m'inspire la sagesse
de toute l'existence.

Les murs invisibles
en ce lieu suspendu
à son beau visage immobile
ouvrent l'espace intemporel
qui nous unit
comme un seul regard vers la paix.
(21.01.2010)

Cordialement
Suzanne

Bonjour à toutes et tous,
Il m'importait d'être présente en mon nom et pour vous qui pensiez à celle que vous avez rencontrée quelquefois parmi nous, lors de nos rendez-vous d'écriture. Souvenez-vous ! Notre chère haïtienne au généreux sourire venait avec une boisson chaude ou nous faisait découvrir une soupe traditionnelle. En écriture, elle nous initiait au vocabulaire francophone de son pays d'origine et parfois nous nous abandonnions à rire avec elle de notre ignorance. Souvenez-vous ! Notre chère Edith nous décrivait Haïti, ses bonheurs et ses misères. Elle nous avait invités à un repas à la Maison de Haïti à Paris qu'elle avait préparé et nous avait présenté à aux personnalités présentes. Le savions-nous? Notre participation à cette manifestation aidait déjà l'Association "Nos Petits Frères et Soeurs" dont elle s'occupait.
Mais revenons à l'Eglise Baptiste. Au coeur d' une salle pleine de collègues et d'amis, après avoir échangé quelques mots complices avec Marie-Thérèse Reviton qui connaissait bien Edith, j'ai pris place silencieusement devant l'autel où trônait un beau portrait de la défunte puis Claudine Averty me rejoignit. L'hommage a commencé au piano. Les textes bibliques et les chants étaient exprimés en français et en anglais. Puis ce fut le temps des témoignages. Le pasteur, Brian Kirby, qui veilla sur elle jusqu'au bout évoquant sa foi inébranlable, l'une de ses amies, responsable de l'Association "Nos Petits Frères et Soeurs", rappelant son bénévolat quotidien, ses collègues du service médical la remerciant de ses engagements et convictions mais aussi de sa joie de vivre, Marie-Thérèse, rappelant sa force et son rayonnement et moi-même, lisant sur un petit bout de papier sans importance le poème que je lui avais dédié.
Certains d'entre vous s'interrogeaient sur la manière d'aider les victimes du séisme d'Haïti, voici l'adresse du site de son association : www.nphfrance.org
Je pense à vous
Suzanne


Dimanche 30 Janvier 2010, il est onze heures, je suis adossée le long du mur de l'orangerie du jardin du Luxembourg. Le soleil me chauffe les yeux, je les ferme et je pense à toi Edith. A ton île "HAITI"

L'amie de poévie.

J'ai eu le privilège d'échangé avec toi sur un grand poète et écrivain Haïtien que je venais de découvrir : René Depestre. Vieil homme qui vit dans le sud de la France mais est né à Jacmel.. Alors tu m'as parlé de ton île...De la magie de Jacmel.

J'ai noté dans mon carnet le 28 octobre 2007, ce passage " d'Adriana dans tous mes rêves" de René Depestre qui a obtenu le Prix Renaudot en 1988.

"Après les doubles croches folles et précipitées de la veille, des blanches et des noires tombaient sur mon désert. Une à une comme des gouttes de métal à la place des larmes, qui figées derrière ma cornée ne pouvait luire et données l'alarme à mes jours"

C'est bon de penser que nous avions une sensibilité humaine très proche. Cette idée s'est renforcée lors de la journée magique de partage de cuisine haïtienne, de chants de musique de paroles de souvenirs avec tous ceux qui t'étaient chers.

Ton île va être dans notre coeur à jamais.

Claudine Risch

A Edith.

Josiane, haïtienne, revient tout juste de l'île où réside sa famille. « J'ai pensé à vous » dit-elle. Et voilà que sur la table, dans un joyeux remuement, paraissent des galettes de manioc, une compote d'agrumes, une bouteille de rhum blanc. « Ce n'est pas tout, ajoute-t-elle en exposant son portable. Ecoutez ! Voici le chant des criquets qu'on entend là-bas, inlassablement, jusqu'au coucher du soleil... » D'un coup, le silence - et Poésie entra.

Françoise VALENCIEN

 

POEMES POUR HAÏTI de Faust!n DENOMAN

Haïti témoin
Le ciel, le soleil
La lune, les étoiles
La terre elle-même

Témoins d'Haïti
Hommes, femmes, enfants
La mémoire humaine
Collectivité mondiale

Haïti fort hier
Histoire ancestrale
Éternellement Glorieuse

Haïti plié mais fort encore
La survivance miraculeuse
Victoire de la vie sur la mort

Haïti en force demain
Semence fructueuse
Par l'enfantement du Dream

Haïti fort des mains
Fort d'esprit
Toi qui a le mental

Quand les urgences donneront
Dos et place aux problèmes

Quand ceux qui ont
Un ailleurs vous abandonneront

Vous qui n'avez nulle part où aller
Restez amoureux de votre histoire
Fièrement sur vos uniques terres

Que cet amour ne se gonfle pas de doute
Que les femmes consolent les enfants
Que les hommes sèment les graines de l'espoir

************************


Haïti la terre
Terre femelle
Mère féconde
Nourricière, maternelle

Quoi, quoi, quoi Haïti ?
Surprendre ainsi tes enfants
Bourdonnement de ton ventre
Déchirure de ta chair

Tremblement, transe
Crise de nerfs
Prise de peur
Cris de cœur, Haïti

Quoi, quoi, quoi Haïti ?
Haïti terre
Haïti mère
Haïti fière

*****************************************

Haïti frappé
Haïti fracassé
Cœur meurtri

Jubilé de l'impuissance humaine
Homme rendu homme
Splendeur de ses limites

Le ciel est encore plus haut
L'espoir y étant accroché
En ce regard lointain

Haïti venant
Haïti allant
Haïti devenant

Hier en esclavage
Un présent ‘'sombrageux''
L'avenir de demain, tout à construire

***********************************************************

Catastrophe
Cataclysme
Cascade
Casse maison
Casse vies
Casse espoir
Casse Haïti
Casse nègres
Casse tout

Catastrophe sismique
Humanitaire mimique
Champ de ballets médiatiques
Entraides aux enjeux politiques
Engouement historique certes
Mais belle comédie humaine

Haïtiens
Quand le silence triomphera
De ce brouhaha cacophonique
Demeurez
Sur votre terre sorcière
Multirécidiviste sismique
Dans l'odeur des vôtres, chers
Et prospérez sur votre terre


Hier encore elle vous allaitait
Aujourd'hui elle vous marche dessus
Demain vous l'aurez à vos pieds
Comme une belle épouse conquise


Faust!n DENOMAN

 

 

 

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