Oser publier

Après le débat " Oser publier" qui a eu lieu à l Agora, le 19 novembre 2010,

lors de la carte blanche à Tibicine voici les témoignages des principaux intervenants :

 

Témoignage de Fançoise Valencien

 

La publication...

I - René Char : « Un grand poète se remarque à la quantité de page insignifiante...qu’il n’écrit pas ». Insignifiantes ? Jugements sévère et surtout qui ne peut être porté que par « les autres » : on est soi-même trop mauvais juge. Alors un jour, on se pose forcément la question : « ce que j’ai écrit dans la joie, l’enthousiasme, la douleur...a-t-il une valeur ? Une valeur ? Et comment cela me situerait il dans la littérature actuelle ? Pour le savoir, je tente la publication ».

Arrive l’époque des grands prix littéraires. On se prend à rêver à Gallimard, Le Seuil, Flammarion....Fausse route ! Les grands éditeurs ne recherchent que des romanciers à gros tirage possibles. Ils n’éditent pratiquement pas de poésie (en 300, 350, au mieux 500 exemplaires) Pas de rentabilité à attendre du poète !

 

II – Alors, quelles possibilités avons-nous ?

 

1) à coup sûr – mais à long terme – les revues de poésie. La Revue nous permet de connaître ce qui se fait aujourd’hui ; ce qui se dit, se publie, ce qu’on apprécie aujourd’hui. Au cours de l’abonnement, on peut donner son avis (en général très apprécié : c’est un signe d’intérêt pour les responsables – largement bénévoles ! – de la revue) ; éventuellement, on fait connaissance avec des poètes dont on a apprécié le style. Et au bout de quelques, on se sent en phase, on propose (modestement) deux ou trois textes qui semblent dans le ton de la publication. On peut rencontrer les responsables au Marché de la Poésie (en juin, Place Saint-Sulpice à Paris) et/ou au Salon de la Revue (en octobre, à l’Espace des Blancs-Manteaux à Paris). On fait connaissance « de visu », on discute, on échange. Et puis rien n’empêche de donner un coup de main, de tenir un stand à une Foire aux Livres, etc. C’est comme ça qu’on arrive à se faire des « amis de papier », comme le dit si joliment Bernadette Throo (Nancy).

A ce moment-là (mais il faut du temps), tout est possible. Moi-même, j’ai été chargée d’écrire des recensions* (excellent exercice) pendant plusieurs années, dans la revue lyonnaise CASSE. Pendant des années, j’ai écrit dans RETRO-VISEUR, dans POESIE/PREMIERE, JALONS, FRICHES. Quand ça me semble utiles, BREVES ou PAGES INSULAIRES peuvent m’ouvrir leurs paragraphes. Certaines revues sont elles-mêmes éditrices de recueils. Connaissant et appréciant notre production, elles peuvent tout naturellement nous orienter vers un éditeur ami : il n’y a plus de problème ! (enfin...parfois si : les retards de décision ou de livraison, une ou deux coquilles qui mettent en rage, un contrat un peu ambigu...la vie, quoi !)**

 

2) deuxième voie d’accès (plus rapide mais très risqué) : le « compte d’auteur ». Il s’en décline toutes sortes de combinaisons – souvent si bien emballés dans l’éloge hypocrite de vos textes que, flatté€, vous tombez dans le panneau de ce commerce trouble. Alors, gare au portefeuille ! Mieux vaut consulter préalablement les annuaires édités par l’ex–association du CALCRE chez Roger GAILLARD, 18 voie Lancret, 94400 VITRY –SUR–SEINE. nouvelle adresse postale : CALCRE - B.P. 10 016 - 94 404 VITRY CEDEX

– ARLIT et Cie (Annuaire des revues littéraires et compagnie)

– AUDACE (Annuaire à L’usage Des Auteurs Cherchant un Editeur)

 

3) le compte d’auteur peut aussi (dans une certaine mesure ?) s’opérer aujourd’hui par voie informatique. On contactera ceux qui en ont le mode d’emploi.

 

 

* Recensions : Compte rendu critique d'une œuvre, d'un ouvrage dans une revue, un journal.

**En ce qui me concerne, des quinze livres et recueils que jai produits, dix (les derniers) sont des comptes d’éditeur.

 

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Témoignage de Jean Paul Villermé :

 

Toute personne qui écrit, souhaite un jour laisser une trace de son travail (que ce soit de la poésie, des nouvelles, des romans ou autres).

Publier n’a jamais été facile même pour les plus grands : Marcel Proust fut refusé…. Pour "Du côté de chez Swann". Proust alors dut se résoudre à éditer son livre à son compte d auteur. Le romancier finança l édition pour 2.816 francs de l’époque. Nous étions en 1913.

Bon nombre de nos écrivains les plus connus ont publié à compte d’auteur avant d’être reconnus par les maisons d’éditions.

Compte d’auteur : « tu trouves un imprimeur qui fabrique x exemplaires de ton livre. Tu le payes et tu te débrouilles pour vendre les exemplaires… »

Aujourd’hui, grâce à l’informatique, tout un chacun peut sortir une brochure, un livre sur papier ou support informatique (clef U.S.B., C.D.R.)

Dans cette démarche nous restons limités à un cercle de proches (parents, amis)

Mais c’est une grande satisfaction d’être connu et reconnu comme écrivain dans le cercle familial et amical.

L’informatique nous permet aussi d’être édités par des maisons spécialisées (éditeurs en ligne) qui proposent la parution de vos créations en un exemplaire unique ou en nombre plus important. Les livres étant vendus à la demande, fini donc les exemplaires invendus stockés dans le haut des placards… en effet longtemps le Compte d’auteur permettait, moyennant le fait de payer l’imprimeur, l’édition de votre livre avec comme conséquence l’obligation d achat d’un nombre d’exemplaires important : 100, 300, 500 ou plus. C’était la porte ouverte à toutes les arnaques pour les crédules ayant des problèmes d’égo (se croyant un écrivain génial !) Certaines « Maisons d’édition » obligeaient ces gogos à acheter 3000 exemplaires de leur chef d’œuvre voué à remplir placards, armoires et cave de leur habitation…

Aujourd’hui, ce casse tête de trouver acheteur pour x exemplaires disparait. Les placards et armoires redeviennent libres…

Mais attention : compte d’auteur direct ou par internet, la diffusion est aléatoire, voire inexistante… ne vous attendez pas à vendre des centaines de vos livres, mais vous aurez la satisfaction, très humaine, de voir votre nom d’écrivain et vos titres apparaitre dans le catalogue Internet de votre éditeur.

Si le compte d’auteur direct vous intéresse (imprimeur pas cher) n’oubliez pas que pour diffuser, vendre, déposer auprès des libraires, vous devez ( c’est la loi) avoir le numéro I.S.B.N. que vous pouvez vous procurer gratuitement à l’adresse suivante : Agence Francophone pour la numérotation du livre,

37 rue Grégoire-de-Tours, 75006 PARIS

(Parfois c’est l’imprimeur qui se charge de la demande)

I.S.B.N.: International Standard Book Number

Ainsi vos œuvres seront enregistrées à la B.N.F et conservées pour les siècles futurs comme des milliers d’inconnus…

Si vous êtes doué en informatique et internet, aujourd’hui vous pouvez publier, sous format approprié, votre livre qui sera lu moyennant paiement par C.B (service spécialisé PayPal….) sur tablettes informatiques ou liseuses.

Créez vos livres électroniques : logiciel gratuit sur le site : t.01net.com/tc48691

Tablettes iPad, Archos

Liseuses: Bookeen, Sony

Ce sont des moyens nouveaux de diffusion qui évitent d’envoyer son manuscrit auprès de maisons d’édition.

Voici quelques sites d’éditeurs en ligne (sur le moteur de recherche lancer éditeurs en ligne et vous aurez des centaines de sites. Attention aux arnaques)

http://www.manuscrit.com/

www.edilivre.com

Une autre possibilité d’internet est la création par vous-même d’un site où vous pourrez mettre en ligne vos œuvres. (Le site de NanterrePoévie sur lequel vous naviguez en est l’exemple, et ceux de plusieurs adhérents également). Il existe un grand nombre de serveurs vous proposant l’hébergement gratuit de votre site ou blog. Là aussi interroger le moteur de recherche (sites gratuits, blogs gratuits) et vous aurez des centaines de propositions.

www.e-monsite.com

Dernière possibilité mettre vos écrits sur un site d’accueil tel que OASIS DES ARTISTES (il y en a beaucoup d’autres – voir moteur de recherche) : http://www.oasisdesartistes.com/modules/news/

ou encore ONIRIS :  http://www.oniris.be/

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En annexe :

Protéger vos textes, poèmes et créations par Anne Bonin

voici quelques sites et liens utiles :

 

Protéger ses oeuvres par le droit d auteur :

http://www.irpi.ccip.fr/upload/guidepi/guidePI_pdf/DA_proteger.pdf

Déposer à la BNF :

http://www.bnf.fr/fr/professionnels/depot_legal.html

Portail du livre :

http://portaildulivre.com/bnfpratique.htm

Déposer chez copyright :

http://www.copyright-france.com/phtml/index.php

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Témoignage de Suzâme  sur l'opportunité de créer un blog littéraire


CRÉER SON BLOG PERSO POUR PUBLIER ET PARTAGER

 

LE BLOG LITTÉRAIRE :

Si vous cherchez un moyen d’expression transmissible, et les arts sont nombreux qui permettent de «donner à voir» comme l’écrivait Paul Éluard, n’hésitez pas à créer votre blog perso.

e.mon-site et over-blog entre autres proposent de le réaliser gratuitement.

Après réflexion, parcours des blogs existants suivant leur spécificités, littérature, arts plastiques, photographie et parfois le tout puisque ce qui génère votre blog et l’identifie c’est avant tout la présentation de vos centres d’intérêts, lancez-vous calmement en ayant préalablement fait le plan de votre nouvel univers (couleur du fond, des titres, des textes, des commentaires, de leurs réponses…) et surtout ce qu’il va contenir, ce que vous souhaitez partager.

Un blog perso n'est pas un site d’information culturelle mais plutôt une sorte de carnet aux pages infinies que vous composez, que vous proposez au jour le jour pour certains ou de temps en temps pour d’autres.

Son organisation est simple. A la base, votre profil, vos centres d’intérêts, tags, photos, citations qui personnalisent votre espace. Puis la création de catégories vous mettra à l’aise. En matière d’écriture, par exemple, vous pouvez distinguer vos «publications»(*). Poèmes ou poésie, nouvelles, défis d’écriture, écrits divers, citations, lettres, fragments… et également insérer des photos, dessins, images, musiques…listez vos liens préférés. Je vous recommande de faire partie de communautés via over-blog que je connais davantage mais aussi de participer à des défis d’écriture hebdomadaires ou tout autre challenge dans lequel vous vous reconnaissez.

(*) Je reviens au terme de «publications». Le texte que vous décidez d’insérer ou toute autre composition bascule vers les «internautes» et en vous rapprochant d’une communauté ou de plusieurs (correspondance de centres d’intérêts), vous allez être identifié, repéré et recevoir des commentaires au moindre article (écrit ou autre) publié, c’est-à-dire envoyé, transmis au grand partage du monde des blogs. Encore mieux, vous pourrez répondre à ces découvreurs qui seront vos futurs lecteurs. On y prend goût.

Lorsqu’on explore ce nouveau moyen de communication qui permet d’exposer notre personnalité, nos idées, nos réactions, nos sentiments mais aussi nos goûts pour des auteurs, des artistes, nos informations, nos interpellations… Lorsqu’on l’utilise comme une plume qui donne et qui reçoit, alors le blog perso est une activité à part entière. S’inscrire à des newsletters, écrire des commentaires sur d’autres blogs en mentionnant nos coordonnées «http://», être régulier dans la curiosité portée aux autres engendreront un retour sur votre blog qui à son tour étonnera ou sensibilisera les blogeurs.

Depuis début janvier, je pratique non pas cette discipline mais ce moyen d’expression et suis heureuse du développement de mon blog. J’ai osé écrire autrement en sachant qu’à travers mon pseudonyme, à part quelques proches, nul ne me connaissait.

Pour conclure, je dis simplement ceci : le blog perso est avant tout un espace libre de communication à l’opposé du journal intime réservé à notre tiroir et notre oreiller. Je vous encourage à parler de vous, à découvrir autrui en toute sensibilité.

Suzâme

(23/03/11)

Blog : http://suzame-ecriture.over-blog.com/

Je me suis ralliée, selon mes genres et styles d'écriture, à :

  • Croqueurs de mots
  • La petite fabrique d'écriture
  • Papier libre
  • Ile des poètes et poétesses immortels
  • Écrimania ou le désir d'écrire.

 

 

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